Alexandre Bianchini
Detroit on Circle

Alexandre Bianchini, Detroit on Circle, transfert numérique de films Super 8, 12’24’’, musique, 1996

Baignant dans un environnement qui privilégie la peinture abstraite, influencée par la tradition suisse, l’art concret et par le mythe de l’abstraction américaine des années 1960, Alexandre Bianchini a recherché d’autres influences au sein du mouvement conceptuel des années 1960-1970, d’Andy Warhol et du Pop art. Avec ce même souci de retrouver des gestes plus immédiats et davantage critiques, il a réinvesti des médiums plus légers, mobiles, voir même désuets, tels que le super 8, le livre d’artiste et l’imprimé.

Pour le programme de projections, Videos : new and revisited, le nouveau site internet du CEC et sa partie « Vidéos récentes » et « Archives », nous avons choisi dans la collection du CEC, l’édition d’une série de films super 8 d’Alexandre Bianchini, Detroit on Circle, datant de 1996. Chacun de ces films courts, de 3 minutes, proposait une bande son composée d’extraits de musique techno, références directes aux artistes de la scène musicale de Détroit, avec Robert Hood ou Jeff Mills, ou davantage issus de l’environnement direct de l’artiste et de la scène techno, avec DJ Sid ou Hubert Mean.

Bianchini filme, zoome et dézoome au rythme des extraits sonores, un carton détaché d’une boîte de « Pain croustillant au Sésame » de la marque suisse Roland, fixé à la verticale et au centre d’un vinyle tournant au rythme d’un 33 tours. Ce petit carrousel offre à voir en alternance cette publicité pour les pains au sésame et l’image collée au dos du carton, tantôt d’une chambre spartiate, tantôt d’un sentier dans la jungle, souvenir d’un séjour de l’artiste en Colombie. La vidéo de ce carrousel qui tourne sans fin, pris dans un mouvement avant/arrière, des sons technos très cadencés, répétitifs et entrainants, provoquent un effet hypnotique et désuet, qui nous fait osciller entre ces biscottes suisses et les sensations d’un voyage en Colombie.

Alexandre Bianchini (1966, Genève) vit et travaille à Genève. Son travail a été présenté dans le cadre de diverses expositions individuelles, comme Child of rage au Locus solus, Prilly (2022) ; Sans tain sans titre au Halle nord, Genève (2018). Il a également participé à de nombreuses expositions collectives : Aquisitions 2021 au Fonds d’art contemporain de la Ville de Genève, Genève (2022) ; Etat des lieux à la maison Gaudard, Lausanne (2022).
Ce projet bénéficie du soutien de l’Office fédérale de la culture et de la République et canton de Genève.

Roman Signer
Installation hélicoptère, 1990

Roman Signer, Installation hélicoptère, 1990, vidéo, 4′ 59”, PAL, son, 1990

Cette vidéo représente l’enregistrement d’une performance de Roman Signer, filmée à huis clos directement dans la salle d’exposition du Centre (en 1990, Centre genevois de gravure contemporaine) avant son exposition personnelle qui a eu lieu du 26 octobre au 8 décembre 1990. Il y présentait les différents éléments utilisés pour cette performance : un hélicoptère avec un pinceau, une boîte de conserve remplie d’encre noire et neuf peintures.

Pour cette action, un hélicoptère de modélisme était équipé à sa base d’un pinceau. L’hélicoptère devait réaliser plusieurs allers-retours entre une boîte de conserve remplie de peinture noire, placée au centre d’un dispositif de neuf toiles vierges, posées au sol. À chaque rotation, l’hélicoptère, guidé par un pilote expert en modélisme, trempait son pinceau dans la boîte de conserve, et allait déposer de la peinture noire sur chacune des toiles, produisant ainsi une série de peintures informelles.

« […] Roman Signer intervient sur les éléments naturels – eau, feu, air, terre – et parfois sur des objets manufacturés ou industrialisés tels des caisses, des bidons, des ballons ou des meubles, en les faisant voler, tomber, exploser, se remplir, se vider, etc., à l’instar de Richard Serra lorsqu’il proposait, en 1967-1968, sa fameuse liste de verbes d’action « rouler, rabattre, plier, tordre, fendre, couper… » Roman Signer privilégie le déroulement, le processus et l’idée de sculpture en mouvement. Son dernier film retrace une action de plus d’un mois, Aktion mit einer Zündschnur, entre Appenzell et Saint-Gall. Une mèche de 20 km, placée le long de la voie de chemin de fer, reliait les deux villes. La mise à feu était donnée à la gare d’Appenzell, le parcours se terminait à la gare de Saint-Gall. Roman Signer et son équipe devaient surveiller le parcours de la flamme et la faire exploser tous les 100 mètres. Il y eut donc 200 explosions, toutes les 4 heures 30, la vitesse de la flamme étant d’un quart d’heure par mètre. Loin d’un petit problème de calcul, cette action confrontait la violence de chaque explosion, la répétition dérisoire du même bref incident avec l’étirement du temps total (35 jours). Elle prenait l’allure d’un parcours initiatique où un équilibre entre la concentration de l’énergie et sa libération devait être maintenu. Roman Signer recherche une certaine domination de l’espace et du temps qui lui demande, lors de chaque action, une attention et des dispositions psychiques qui vont s’exprimer au travers de jeux souvent violents et dangereux, mais toujours poétiques, magiques et humoristiques. Roman Signer n’est donc pas seulement une espèce d’artificier de génie, mais un artiste qui s’intéresse à des situations de tension, afin de créer des mouvements et des formes esthétiques qui exploitent les diverses capacités physiques de chaque « objet » choisi. L’événement peut être d’une remarquable simplicité comme cette Boîte aux feuilles mortes (1982) posée sous des arbres, qui se remplit de feuilles au fur et à mesure que la saison automnale avance »

(Extrait du communiqué de presse de l’exposition personnelle de Roman Signer, Installation hélicoptère, 1990, qui a eu lieu du 26.10 au 8.12.1990)


Roman Signer, Installation hélicoptère, 1990, vidéo, PAL, 5’, couleurs, son, pilote d’hélicoptère de modélisme : Armin Caspari, images : Simon Lamunière, 10 exemplaires U-Matic numérotés de 1 à 10 et 5 H.C. numérotés de I à V et signés, 20 exemplaires VHS numérotés de 1 à 20 et 4 H.C. numérotés de I à IV et signés. Centre genevois de gravure contemporaine/CEC, 1990
Roman Signer est né en 1938 à Appenzell. Il vit et travaille à Saint Gall. Parmi les nombreuses expositions personnelles qu’il a présentées, citons les plus récentes : Kunsteinrichtung Roman Signer, Villa Garbald, Castagne (2023) ; Roman Signer. Schenkung der Ursula Hauser Sammlung, Kunstmuseum St. Gall (2023), Roman Signer, Malmö Konsthall, Suède (2023) ; Roman Signer. Installation, Stampa, Bâle (2022), Roman Signer. Sculptures et une installation, Art : Concept, Paris (2022) ; Roman Signer, FRAC Franche-Comté (2022) ; Roman Signer. Vier Apfel / Four Apples 2011-2021, The Little Art Window, Gstaad (2021). Son travail a également fait partie d’expositions collectives, comme : Schildkrötentempel. Kleine Skulpturen und Objekte, Rehmann Museum, Laufenburg (2023) ; Gruppenausstellung, Hauser & Wirth Somerset, Bruton (2023) ; On On Kawara. Eine Hommage an On Kawara und Hiroko Kawahara, Kunstzone Lokremise, St. Gall (2022) ; Show Your Work, 601Artspace, New York (2022) ; Moment.Monument, Kunst Museum Winterthur, Winterthur (2021) ; The Paradox of Stillness: Art, Object, and Performance, Walker Art Center, Minneapolis (2021).
Ce projet bénéficie du soutien de l’Office fédérale de la culture et de la République et canton de Genève.

Emmett Williams
Multiples

Sérigraphies (1978-1979)
Du 18 septembre au 28 octobre 1989
Emmett Williams, <em srcset=
La Dernière Pomme frite et autres poèmes des fifties et sixties, 1989″ width= »1000″ height= »793″> Emmett Williams, La Dernière Pomme frite et autres poèmes des fifties et sixties, 1989

Présentation de l’édition et sérigraphies : Shakespeare’s xxxth, suite de dix sérigraphies, 1979 ; A Journey, suite de dix sérigraphies, 1979 ; Eros, suite de cinq sérigraphies, 1979 ; Incidental Music for Yo-Yo Ma, suite de dix sérigraphies, 1979 ; Graphic Portraits, suite de treize sérigraphies, 1978. Du 18 septembre au 28 octobre 1989 (vernissage le 16 septembre 1989). Le 15 septembre 1989 en soirée, à l’UGDO (aujourd’hui l’Usine) : performance de Emmett Williams dans le cadre du Festival de Poésie sonore, La Bâtie 1989. Le 5 octobre 1989 en soirée : concert de István Matuz, flûtiste : Voices de László Sáry, pièce pour flûte seule et bande magnétique, dans le cadre du Festival Extasis.

Emmett Williams
La Dernière Pomme frite et autres poèmes des fifties et sixties

Livre-objet en trois volets cartonnés pliables, imprimé recto verso, offset, noir/blanc et couleurs, 66 x 50,5 cm ouvert, 22 x 50,5 cm plié, comprenant un jeu de langage avec 4 petites boîtes collées sur les 4 angles du volet intérieur gauche remplies de fiches imprimées, réparties en deux groupes (les mots, Sounds, et les images, Projections), un texte de Robert Filliou (« 5000 New Ways in French », Paris, octobre 1963), les règles du jeu en anglais ainsi que 12 planches dont 11 poèmes sonores et visuels avec l’achevé d’imprimé, 66 x 20,5 cm, offset, noir/blanc et couleurs, sur papier Flora 200 gm2, 1000 exemplaires numérotés de 1 à 1000 et 100 H.C. numérotés de I à C, signés, imprimés par l’imprimerie du Cachot, Genève, montage par l’Atelier de Reliure de Champ-Dollon, Genève, copyright Emmett Williams, Jean-Marie Antenen & Centre genevois de gravure contemporaine. Centre genevois de gravure contemporaine, 1989.
Édition 1989 offerte aux membres de l’association du Centre genevois de gravure contemporaine.