centre d'édition contemporaine c-e-c.ch
actualité à propos programme éditions expositions association infos

PROGRAMME 2010
(sous réserve de modifications)

A Genève:

Jusqu'à fin février 2010

Editions de Pierre Bismuth, François Curlet, Fabrice Gygi, Karl Holmqvist, Angela Marzullo, Mai-Thu Perret, Benjamin Valenza, Jeffrey Vallance et Erik van Lieshout

 

 

A Stuttgart:
Fröhliche Gesellschaft

Exposition du 13 février au 27 mars 2010 au Parrotta Contemporary Art, Stuttgart
Vernissage le 12 février 2010 à 19h

Dans une communauté momentanée libre et polyphonique, le Parrotta Contemporary Art, Stuttgart présente une série d'éditions du Centre d'édition contemporaine choisie par Véronique Bacchetta:

Andreas Dobler, Elke Krystufek, Erik van Lieshout, Florian Pumhösl, Markus Schinwald, Benjamin Valenza, Emmett Williams, Heimo Zobernig

Présentation d'éditions précédemment exposées au Parrotta Contemporary Art, Stuttgart:

Pasi Autio, Benjamin Badock, Frauke Boggasch, Thilo Frank und Julia Heuer, Heike Gallmeier, Sveinn Fannar Johannsson, Britta Kamptner, Claudia Kugler, Edgar Leciejewski, Felix Meyer, Toshiya Momose, Florian Neufeldt, Anders H. Nissen, Steffen Osvath, Jochen Plogsties, Elodie Pong, Marc Räder, Timm Rautert, Eske Rex, Florian Rossmanith, Nadin Maria Rüfenacht, Tim Stapel, Oskar Schmidt, Sigga Björg Sigurdardottir, Carsten Tabel, Andreas Uebele, Simone Westerwinter, Susanne M. Winterling

Parrotta Contemporary Art
Augustenstrasse 87-89
D-70197 Stuttgart
T +49 (0)711 69 94 79 10
mail@parrotta.de
www.parrotta.de
du mardi au samedi de 14h à 19h
et pour la nuit des musées, le 20 mars 2010 jusqu'à 02h

 

 

Changement d'accrochage: Heimo Zobernig
du 16 mars au 9 avril 2010

Heimo Zobernig, né en 1958 à Mauthen (Autriche), vit et travaille à Vienne

 

 

SUSANNE M. WINTERLING
They Called Each Other Horses

Exposition et édition
23 avril – 26 juin 2010
Vernissage le 22 avril 2010

Susanne M. Winterling est une artiste qui aime à revisiter des personnages de l’histoire de l’art, des architectes ou des intellectuels du XXe siècle, souvent du début de ce siècle, dont elle admire le travail et s’en inspire : Berenice Abbott, Eileen Gray, Edward Krasinski, Le Corbusier, Annemarie Schwarzenbach, figures artistiques romanesques, radicales, d’un autre monde, celui qui a vu la naissance de la modernité.
Comme l’écrit Mark Prince dans son article dans Frieze (no 126, octobre 2009) à propos de son exposition à la galerie Lüttgenmeijer de Berlin, … of Mice and Blood (for E.K.): «Where the installation is more than the sum of its allusions it manages to translate the irreducible particularities of another artist’s life and work into Winterling’s own language, like a dreamy adolescent who absorbs the image of a pop star into the private universe of her bedroom.» Elle y rend hommage à l’artiste polonais Edward Krasinski (1925-2004), avec des objets et un environnement inspirés d’une série de photographies prises dans son atelier, conservé en l’état par la Foksal Gallery de Varsovie et dont il fut l’un des fondateurs dès 1966.
Les photographies, films, objets ou installations de Winterling portent la nostalgie de la liberté, de l’exaltation et de l’anti-conformisme de ces années d’avant-garde. Mais si cette réappropriation de figures rêvées risque la tentation de la fétichisation, elle produit un étirement du temps propice à un effet miroir entre le présent et le passé, nous interrogeant sur l’attitude et le statut actuels des artistes. L’artiste allemand Joseph Strau aborde cette question de l’identification à certaines figures artistiques emblématiques dans un article sur Susanne M. Winterling paru dans Camera Austria (no 105, 2009) : «… her specific interest in the examples of historical artists, attempts to create an identification, both for herself and for the observers, attempts to fade her own situation as an artist into the situation of other artists. In performing these cross-fades of identity she is particularly interested in investigating how these artists were able to come to terms with their lives despite difficult social circumstances and identity crises in various social spheres.»

Pour son projet avec le CEC, Susanne M. Winterling envisage de réaliser plusieurs pièces qui formeront un ensemble et qui trouvent leur principale référence et leur source dans l’histoire du groupe d’avant-garde Pool. Le groupe réunissait à la fin des années 1920 et le début des années 1930 la poétesse américaine H.D. (Hilda Doolittle), la romancière anglaise Bryher (Winifred Ellerman) et Kenneth Macpherson, dessinateur écossais et passionné de cinéma. Ils créèrent ensemble une maison d’édition et de production de films expérimentaux (Pool), ainsi qu’une revue critique et littéraire sur l’art et le cinéma de leur époque, Close Up, active entre 1927 et 1933. Le groupe était basé à la Tour-de-Peilz (VD), où Bryher et Macpherson firent construire une des plus belle maison de style moderne de la Riviera vaudoise, la Villa Kenwin (1930-1931). Cette maison était pour cette petite communauté libertaire considérée comme une machine à vivre et à produire une activité intellectuelle et artistique libre et intense. Leur maison d’édition cinématographique, Pool, leur publication, Close Up, et le film le plus connu qu’ils réalisèrent ensemble, Borderline (1930), baignent dans un jus expérimental proche du surréalisme, de l’engouement de l’époque pour les phénomènes parapsychologiques, les expériences visionnaires et la magie. En ce début du XXe siècle, ces intérêts se mêlent de très près aux premières expériences psychanalytiques où l’image cinématographique garde encore le mystère vaporeux, magique de la projection et pourrait être le révélateur de projections mentales, une sorte de matériau psychanalytique. Comme le précise François Bovier, pour le groupe Pool et surtout H.D., qui a passablement influencé son orientation – H.D. fit partie de «l’imagisme», courant poétique anglo-américain basé à Londres apparu vers 1912, et suivra dès 1933 une psychanalyse avec Sigmund Freud –, «le cinéma a momentanément servi de relais entre l’expérimentation poétique et la démarche psychanalytique, celui-là étant en retour investi par les enjeux afférents à ces deux pratiques. Le cinéma, dès lors qu’il permet de réactiver des investigations qui portent sur l’image poétique et sur la libre association de pensée, est assimilé à une expérience visionnaire (car il s’agit là, somme toute, d’une affaire de voyants). Le groupe Pool, à travers son engagement dans la pratique filmique et la spéculation théorique, a redéfini en termes cinématiques les enjeux et le programme d’une certaine avant-garde littéraire, en empruntant le cheminement de l’interrogation psychanalytique. 1»

L’installation de Susanne M. Winterling impliquera une légère transformation de notre espace en vitrine, qui contextualisera une série de pièces récentes: films 16 mm, photomontage et assemblage d’objets, inspirés par le groupe

Pool, son intérêt pour le cinéma expérimental, son engagement éditorial et son mode de vie.

1. François Bovier, «En marge de l’avant-garde américaine: le groupe Pool», paru dans 1895, revue de l’association française de recherche sur l’histoire du cinéma, no 46, 2005.

Susanne M. Winterling est née en 1970 à Rehau/Oberfranken (Allemagne); elle vit et travaille à Berlin.

 

 

"Encadrées"
du 13 juillet au 17 septembre 2010

avec Olivier Mosset, Gianni Motti, Florian Pumhösl, Christophe Rey, Jean-Michel Othoniel et Susanne M. Winterling

 

 

GERARD BYRNE

Exposition et édition
24 septembre – 27 novembre 2010
Vernissage le 23 septembre 2010

L’oeuvre de Gerard Byrne se construit autour de documents – publicités, presse quotidienne, magazines spécialisés – datant généralement des années d’après guerre et, de préférence, entre les années 1960 et 1970, souvent parcellaires et oubliés. A la suite de recherches dans les archives, Byrne exploite ces documents, les transforme et leur donne une seconde vie. Ces nouvelles images ou mises en scène sont à la fois le fruit d’une déconstruction et d’une reconstruction critique, souvent théâtralisée, interrogeant les codes de la représentation et de l’image, médiatique ou artistique.
Le travail de Gerard Byrne constitue une sorte de caisse de résonance entre le passé et le présent; nos souvenirs, nos références culturelles et l’actualité; une manière de revisiter notre histoire, nos mythologies au travers d’une archive constituée de divers médiums: articles de presse, récits, documentaires, essais, shows télévisés, cinéma, etc. Ce matériel de base peut aussi bien être issu d’un débat sur la révolution sexuelle, publié dans le magazine Playboy dans les années 1970 (New Sexual Lifestyles, photographies noir/blanc, 2003), une interview de Jean-Paul Sartre sur sa relation aux femmes (Homme à Femmes (Michel Debrane), vidéo, 2004) que les nombreux témoignages et enquêtes sur le monstre du Loch Ness parus dans la presse écossaise locale (Towards a Gestalt Image: Loch Ness & Fact, film 16 mm et CD audio, 2008) ou encore, plus récemment, les notes prises par les psychiatres militaires américains lors de leurs interviews des dirigeants nazis incarcérés en 1946 dans l’attente du procès de Nuremberg (Untitled Acting Exercise (in the Third Person), HD vidéo, 2008).
De ces extraits tirés de notre passé récent, Gerard Byrne élabore des scénarios où il recombine et exacerbe certains aspects sociologiques, psychologiques ou politiques des événements choisis. En maniant dans un esprit proche de celui de Beckett l’absurde et le décalage, il souligne avec malice les flottements, les ambiguïtés, voire les cocasseries de certaines informations et de leur traitement. En nous rappelant parfois l’emphase et la dramaturgie brechtienne, Byrne nous confronte, dans un raccourci temporel, à notre mémoire et à la connaissance de notre histoire, exacte ou erronée, mais souvent manipulée par les modes de représentation et de transmission percutant notre réalité et notre actualité.

Gerard Byrne est né en 1969 à Dublin où il vit et travaille.