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   THE MISSING EVIDENCE
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Vue de l'exposition au Centre d'édition contemporaine, Genève, 2008
John M Armleder, Fulvus, 1976-2006 (peinture murale), François Curlet, Boulevard, 2004 (béton et palettes de fret en plastique), Trisha Donnelly, Untitled (tear drawing), 2005 (crayon sur papier coloré), Trisha Donnelly, hedm !, 2005 (dessins au crayon sur papier), Pierre Vadi, Joker, 2004, (hostie)

Vue de l'exposition au Centre d'édition contemporaine, Genève, 2008
John M Armleder
, Fulvus, 1976-2006 (peinture murale), Pierre Vadi, Joker, 2004, (hostie), Marcel Broodthaers, La Signature (ou Une seconde d’éternité, d’après une idée de Charles Baudelaire), 1970, (film 16 mm, 1'')

 

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The Missing Evidence

Exposition collective du 26 mai au 17 septembre 2006
Vernissage le 25 mai 2006 (jour de l'Ascension)

John M Armleder, Marcel Broodthaers, François Curlet, Trisha Donnelly et Pierre Vadi

The Missing Evidence est une exposition qui souhaite explorer les stratégies de mystification auxquelles recourent certains artistes à l’égard de leur statut de créateur. Elle prend à témoin la figure emblématique de Bas Jan Ader (1942-1975), disparu mystérieusement en mer à l’âge de 33 ans, lors de son voyage-performance intitulé A la recherche du Miraculeux.
Cet artiste conceptuel hollandais, pour qui l’art était un voyage aussi réel que métaphorique, entreprit depuis les Etats-Unis une traversée en solitaire de l’Atlantique à bord d’un voilier. A son arrivée, une exposition prévue au Musée Groninger (Hollande) devait rendre compte des travaux réalisés au cours du périple. Mais, seul son bateau, à moitié submergé, fut retrouvé quelques mois plus tard au large des côtes irlandaises. Sa disparition énigmatique de ce monde, sorte de preuve par le manque, contribue à la fascination qu’exerce aujourd’hui le personnage à la fois mélancolique et provocateur que Bas Jan Ader s’était savamment composé de son vivant, empruntant autant à la figure du poète romantique qu’à l’habile mystificateur. Son oeuvre, empreinte de gravité, semble rétrospectivement contenir des éléments prémonitoires de cette performance ultime, dont on ne sait s’il faut la rattacher à un mystère insondable, à la fatalité ou à un suicide prémédité.
Les travaux réunis dans The Missing Evidence constituent tous à leur manière une preuve par le manque. Sibyllins, ténus ou invisibles, ils amorcent un récit en creux, une énigme que seul le spectateur a le pouvoir de résoudre. Les artistes convoqués ici nous laissent une trace, un symbole, une signature ou un écran sur lesquels projeter le fin mot de l’histoire. L’absence nous invesù?tit alors de sa présence.

Commissaire de l’exposition: Eveline Notter