TRISHA DONNELLY
Exposition et edition
Du 10 octobre au 4 décembre 2008
Finissage (en présence de l’artiste): le jeudi 4 décembre 2008, dès 18h.
Si les œuvres de Trisha Donnelly peuvent aussi bien être des dessins, des photographies, des vidéos que des pièces sonores ou des performances, son travail ne peut être réduit à une déclinaison de techniques. Tous les supports avec lesquels elle travaille représentent davantage des réservoirs de réflexions. Même l’espace et le temps de l’exposition sont envisagés comme des réceptacles de références – historiques, géographiques, symboliques et spirituelles –, d’associations d’idées et de réminiscences.
Au-delà de l’idée que l’œuvre de Trisha Donnelly serait mystérieuse et hermétique, ne faut-il pas plutôt y voir des tentatives d’échapper aux contraintes inhérentes à la production de tout objet et à sa matérialisation, ainsi qu’aux limites spatiales et temporelles qu’impose l’exposition? Trisha Donnelly ne serait-elle pas simplement là où on ne l’attend pas?
Pour son exposition personnelle au Modern Art Oxford en 2007, elle se charge elle-même d’écrire le guide pour les visiteurs, qu’elle débute par cette petite phrase : «Let me explain». Bien après le vernissage, l’artiste restait ainsi encore présente et accompagnait le spectateur le temps de sa visite. Dans cette même exposition, l’une des salles était dédoublée par un couloir dont le fond était rempli de branchages. Cette intrusion d’éléments naturels dans un espace «parallèle» jouait le rôle de lien et de rappel avec la réalité extérieure, sorte d’ «arrière-pensée» à l’exposition.
Trisha Donnelly brouille les codes de l’exposition. Elle étire sa temporalité habituelle, en explore les avants, les après, les à-côtés, les interstices et les entre-deux. Que se passe-t-il entre chacune des trente et une photographies noir/blanc de The Redwood and The Raven (2004)? Chaque jour de l’exposition donne à voir une photographie d’une seule séquence de la gestuelle de la danseuse Frances Flannery ; la totalité de la chorégraphie ne pouvant être appréhendée que par un visiteur qui viendrait quotidiennement pendant trente et un jours. Ici l’œuvre modifie le temps de l’exposition et non le contraire. Trisha Donnelly découpe, diffracte le temps et l’espace. Elle déchire l’angle supérieur gauche d’un dessin Untitled (2005) qu’elle donne à une personne anonyme. Là encore, l’artiste nous oblige à nous projeter ailleurs, vers une zone extérieure aux limites de l’œuvre. The D from W (2005), la photographie d’une «guerrière» vêtue d’une longue robe blanche armée de deux épées, dont les pieds et la tête sont invisibles, donne peut-être une piste métaphorique qui placerait le travail de Trisha Donnelly quelque part entre ciel et terre.
L’exposition au Centre d’édition contemporaine débutera sans la présence de l’artiste, mais se terminera avec elle. Les œuvres exposées pourront donc être envisagées comme les prémisses de sa présence et d’un nouvel événement. Le timing habituel sera lui aussi renversé: la fin de l’exposition constituera peut-être la matière à un nouveau travail. Une fin qui, tel un commencement donnera à Trisha Donnelly – retrouvant un espace libre et hors champ – la possibilité d’une édition.
Pour le finissage, Trisha Donnelly a présenté dans un dispositif très libre une série de nouvelles vidéos, un sound check et un texte sous enveloppe qui a été distribué au public. Ce texte récent, écrit par l’artiste, expliquait le principe de son exposition au Cec, qui s’est décliné en trois accrochages successifs laissés à la décision de Véronique Bacchetta, Trisha Donnelly étant absente à l’ouverture de l’exposition et ayant choisi plutôt d’être présente uniquement le dernier jour. Le finissage est ainsi devenu le jour de la présentation de cette exposition, de son explication et de sa réelle conclusion.
Trisha DONNELLY
Née à San Francisco en 1974 ; vit et travaille à New-York et à San Francisco
| Expositions personnelles (sélection) |
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| 2009 |
Galleria d'Arte Moderna (MAMBO), Bologne |
| 2008 |
Centre d'édition contemporaine, Genève
The Douglas Hyde Gallery, Dublin
Eva Presenhuber, Zurich
The Renaissance Society, University of Chicago, Chicago
The Institute of Contemporary Art (ICA), University of Pennsylvania, Philadelphie |
| 2007 |
Modern Art Oxford, Oxford, UK
Casey Kaplan, New-York |
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| Expositions collectives (sélection) |
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| 2008 |
Yokohama Triennale, Tokyo
Meet Me Around the Corner - Works from the Astrup Fearnley Collection, Astrup Fearnley Museet for Moderne Kunst, Oslo
The artist is a mysterious entertainer, De Appel, Amsterdam
Blasted Allegories - Werke aus der Sammlung Ringier, Kunstmuseum Luzern, Lucerne
Recent Acquisitions, Gifts, and Works from Various Exhibitions 1985-2007, from the collection of Bob Nickas, White Columns, New-York
The Sound of Things: Unmonumental Audio, New Museum of Contemporary Art, New-York
The World as a Stage, ICA Boston, Boston
In Repose, The Galleries at Moore College of Art, Philadelphie
Gravity, The Museum of Modern Art, New-York |
| 2007 |
The World as a Stage, The Tate Modern, Londres
The Third Mind (commissaire Ugo Rondinone), Palais de Tokyo, Paris
9e Biennale d'art contemporain (commissaire Stéphanie Moisdon et Hans Ulrich Obrist), Lyon
Depth of Field: Modern Photography at the Metropolitan, Metropolitan Museum of Art, New-York
Il tempo del postino (commissaire Hans Ulrich Obrist, Philippe Parreno), Manchester International Festival, Manchester
Good Morning, Midnight (commissaire B. Hainley), Casey Kaplan, New-York
What We Do Is Secret (commissaire Amy O'Neill), Blancpain Art Contemporain, Genève
Uncertain States of America, Astrup Fearnley Museum of Modern Art, Oslo; The Serpentine Gallery, Londres; Reykjavik Art Museum, Reykjavik; The Herning Art Museum, Henrning
Empathetic (commissaire Elizabeth Thomas), Tyler School of Art, Temple University, Philadelphie |
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